Je n’suis pas courageux
 
Je n’suis pas courageux
Pourtant, je n’ai pas peur
Mais je ne baisse pas
Ni mes yeux
Ni ma tête
Ni mes mains
Et mes mots
Sont mes armes
Pour bâtir
La vie dans cette vie
Où je ne suis qu’un fou
Parmi les autres fous


Je n’ai pas d’ambition
Mais je ne lâche rien
J’ai dans ma certitude
Accrochée à mes doutes
Que le temps qu’il me reste
À vivre est indécis
Puisque s’il s’entête
Pour mon corps, il s’arrête
Et pour mon âme aussi
Mes mots eux resteront
Pour bercer tous les jours
Ceux qui s’embrasseront
Du côté de l’amour
 
De principes n’ai pas
Par principe et j’observe
Par une règle stricte
Qu’il n’est pas nécessaire
De voir tous les jours
D’entendre chaque nuit
De penser chaque instant
Mes mots sont inutiles
Je m’aperçois enfant
Lorsqu’au loin ils s’égarent
Promenés par le vent…
 
Je ne loue pas l’amour
Je suis un infidèle
Je ne te promets rien
Ni mon cœur et mes ailes
Sont volages
Elles vont d’un mot à l’autre
Pourtant… quand je me vois crever
C’est tout auprès de toi
N’écoute pas ces mots
Ce sont mes imbéciles
Je garde la surprise
Perdu dans l’éphémère
Face à ces fins promises
Accepte le mystère
 
Je n’ai pas mon orgueil
Mais je ne suis pas fier
J’ai les mains vers le ciel
Et les deux pieds sur terre
Je n’attends rien des dieux
Brûlant mes propres ailes
Egoïste serein
Pensant que le passage
Sur Terre est sûrement
Pour un temps étonné
Je profite pas sage
De plaisirs éternels
De petits mots de rien
Démon, rien que des mots
D’enfer
Rien que du bien
 
Sans approcher la haine
Je peux vivre en colère
Je peux me battre nu
Pour le bout d’une idée
N’ayant plus cours, à court
Au bout d’une autre année
Car j’ai le cœur qui saigne
Je ne suis pas courageux
Les idées en travers
Aussi j’aime la vie
J’avale les kilomètres
Sans dieu sans vis-à-vis
Sans idole et sans maître
C’est dans ma prétention
Noyée d’humilité
Je ne suis pas différent
Juste envie d’être un autre


Un autre qui finit tout seul
Ouais ! Parce que finir tout seul… tout seul comme un chien
Comme un chien seul, paumé et sous un pont
C’est la certitude que, lorsqu’ils seront plein
Et qu’ils diront tous oui,
Moi, je serai tout seul…
Et je répondrai non !