15 ans

avec La Fanfare du Belgistan

C’est un beau petit pays
L’eau y coule et sans souci
J’ai pas choisi, « quelle heure est-il ? »
Entre deux heures et deux amours
Toujours le cul entre deux chaises
Mais si tu m’promets l’aventure
J’te donne une fortune de foutaises
T’auras qu’à t’payer une voiture
Tu s’ras toujours bien plus à l’aise
Pour faire Paris, Bordeaux, Lomé… Saumur


C’est un chemin le long des voies
J’y prends ta main, te tracasse pas
Faut pas confondre : « Joie et ivresse »
On mélange pas : « Pleurs ou sanglots »
On n’a pas tous la même détresse
On n’est pas tous sur l'même bateau
Y'a des navires qui s'la coulent douce
Y’a des radeaux qui vont sans rame
Y’a des zonards qui tendent le pouce
Des fourrures qui voyagent pas sans leur dame


À quinze ans, j’avais la rage
Aujourd’hui j’aim’rais avoir ton âge
Y’a des soirs, on se souvient
Puis y’a des fois, il n’y a plus rien


Quand j’pense à cet ange malheureux
Qui s’est mangé sur sa moto
Nous qui r’gardions toujours le bleu
Celui qui traîne sur les photos
Quand on a cet air merveilleux
Devant les pubs et les promos
On s’imagine jamais en vieux
On croit jamais passer quinze ans
On s’retrouve « triple-mentonneux »
Sans avoir jamais profité du vent



Y’a prescription pour mes souv’nirs
Ils sont de pire en pire
Avec le temps reste, tout reste
Plus on vieillit, plus on s’souvient
Les moindres bruits, les faits et gestes
De nos naissances, et du chemin
Quand t’as grandi sur le trottoir
Des cris de joie les soirs d’été
Quand on pouvait manger plus tard
Sur la terrasse et pour le déjeuner


À quinze ans, j’avais la rage
Aujourd’hui j’aim’rais avoir cet âge
Quand il y est, n’en profite pas
Vingt ans plus tard, s’en mord les doigts


C’est une belle histoire, si tu peux
Prends ta mémoire et gratte un vœu
On pourrait faire l’amour ensemble
On peut mélanger nos salives
J’te donne un baiser si tu trembles
Si t’en veux pas, si tu l’esquives
On s’arrêtera là, c’est promis
On force jamais la passion
Chacun prend le cours de sa vie
On n’ira pas dans la pression


Mais c’est pas grave, je suis patient
Je vous retiens en attendant
Et quand viendra l’heure de l’enfer
Je s’rai le premier à m’y plaire
Et peu m’importe le transport
Voiture coupée, berline et sport
Et même s’il faut y aller à pied
Ce s’ra toujours beaucoup plus sûr
Qu’une voiture économisée
J’pourrai m’payer de bonnes chaussures


À quinze ans, j’avais la rage
Aujourd’hui j’aim’rais revoir cet âge
Quand on l’fait, on est perdu
Vingt ans plus tard, on est vaincu