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avec Sanseverino & Florent / Fanch / Lolo, Zeb, Jojo & Ziz des Hurlements d’Léo / Rita Mace Do des Femmouzes T, Mouss & Hakim, Martine& Aurélie des Bombes de Bal, Sylvie Allix du Samu musical, Dédé Minvielle de la Cie Lubat, Claude Sicre & Ange B des Fabulous Trobadors / Tatou, Jali, Lux & Gari de Massilia Sound System / Julie, Marie & Caro de La Tropa / Alexandre, Eric l’Alsacien & Denis de Weepers Circus / Loïc Lantoine & François Pierron

Y’a Paris, la capitale
Qui renifle son trou de bal
Intra-muros c’est brillant
Dehors c’est pour les paysans
D’ailleurs s’il n’en restait qu’une
Ce serait sûr’ment celle-là
Qu’une aussi con que la lune
Et prétentieuse, comme il se doit
Mais Paris, ça reste en France
Les Français restent des Français
Les chevilles en évidence
Le nombril insatisfait


À Rennes où il fait bon vivre
J’y ai vu - pardonnez-moi
Des masses de foules ivres
Des seringues plein les bras
Un soir, une chose amusante
Sur la route, croyez-moi
La police qui plaisante
D’un cadavre sur le toit
Mais Rennes, ça reste en France
Les Français restent des Français
Des reins en convalescence
Des poumons dans le regret


Puis y’a Bordeaux la bourgeoise
Avec son grand cru classé
Que l’on déguste dans l’extase
Dans les grands lieux new-yorkais
Qui indique à sa mémoire
Ce qui est bon, ce qui est mauvais
Si pour Papon, c’est un trou noir
Le Girondin c’est un succès
Mais Bordeaux, ça reste en France
Les Français restent des Français
Des trouillards de gauche en transe
Ou des cons de droite muets


À Toulouse, la ville rose
Peut-être sont-ils un peu chauvins
Quand ils jacassent pas du rose
Ils te parlent des Toulousains
Ils ont un patois bien sûr
Qu’ils utilisent parfois
Pour écrire sur les murs
D’une usine : « Plus jamais ça »
Mais Toulouse, ça reste en France
Les Français restent des Français
Des canards qui l’été dansent
Sur des rythmes « afro-laid »


Puis il y a Marseille, celle
Qui a son port si charmant
Sa Méditerranée belle
Sa sardine et ses harengs
Comme un tout petit village
Un hameau ensoleillé
Qui n’a qu’un désavantage
D’être rempli de Marseillais
Mais Marseille, ça reste en France
Les Français restent des Français
Des grandes gueules à qui l’on pense
Quand on veut avoir la paix


Entre le Rhône et la Saône
Il y a Lyon et ses reflets
En banlieue, il y a sa zone
Ses odeurs et ses rejets
Sa gastronomie connue
Qui veut nous faire oublier
Pour ne pas être déçus
Tous ces scandales financiers
Mais Lyon, ça reste en France
Les Français restent des Français
Des bonnes bouffes en concurrence
Des non-dits sur le palais


Lorsque j’ai connu Strasbourg
Pour la toute première fois
Je pensais trouver l’amour
Dans les rues de celle-là
Mais il y eut soudain un doute
Dans cette ville un peu cruche
Où l’on me parlait de choucroute
D’Europe et de flamenkuche
Mais Strasbourg, ça reste en France
Les Français restent des Français
L’égalité en « free-lance »
L’humanité qui s’essaie


Il y a Lille dans le nord
Comme il y a le nord en Lille
Des grands hommes gras et forts
Ou des consanguins débiles
Les grands projets planétaires
Qui dépensent sans se soucier
À deux pas de la misère
Des petits enfants minés
Mais Lille, ça reste en France
Les Français restent des Français
Des terrils d’arrogance
L’inégalité au sommet


Après cet air géographe
Une petite explication
Je ne cherche pas les baffes
Je ne cherche pas la baston
Mais lorsque je vois au loin
Qui agitent leurs drapeaux
La grande race des chauvins
Juste à côté des fachos


Ben, moi qui suis né en France
Dans un bled incognito
Je ne comprends pas la démence
Je ne vois pas les idéaux
De ceux qui pensent la naissance
Comme une attache, un ghetto
Pardonnez-moi cette offense
Et traduisez en ces mots


Issu de la poussière
Je m’en retourne à la poussière
Issu de la planète terre
Je m’y promène sans frontière
Issu de la poussière
On s’en retourne à la poussière
Issu de la planète terre
On s’y promène sans frontière !