Ni Dieu ni Dieue


Sur cet air lent
Je voudrais vous parler
Enervé, d’un tourment
Qui m’agresse, insensé !
Ce ne sont pour moi pas des façons
De dire « femme tu es la tentation ! »


Et c’est sûrement
Une histoire de culture
Où cent pour cent
De mes idées impures
Je ne vois pas le bien, que le mal
Qui dit : « femme, je t’aime donc je te voile »


C’est un, pour sûr !
Ras-le-bol général
De ceux qui, purs
Infligent la morale
De leur religion universelle
Qui abaissent les femmes au pluriel


De la calotte,
Des kipas au foulard
De la carotte
Au bâton, qui ce soir
Frappera, pour avoir douté dieu
« Je te bats, femme, mais c’est pour ton mieux ! »


C’est certainement
Une histoire de raté
En m’éduquant
Mes parents (ont) oublié
De me dire : « tu comprends la raison
D’une femme qui subit l’excision. »


Quand ils émiettent
L’amour à ton insu
Qu’ils te promettent
A un homme inconnu
Ils brandissent leur verset de malheur
« Tu épouses, femme, cet homme où tu meurs ! »


Et c’est surtout
Toujours la même histoire
L’homme est un fou
De dieu et du pouvoir
Et s’ils versent le sang innocent
Ils crient : « femme, tu te trompes ; je te pends ! »


Et tu peux voir
Et tu peux constater
Dans la mémoire
De notre humanité
Pas une ligne, pas une explication
Qui dit : « femme subit leur punition ! »


Moi qui ne croit
En rien ni en personne
Pas même en toi
De ces mots je te donne
Toute mon âme si un jour pacifique
Il te laisse, femme, prêcher le mystique


Toujours surpris
Qu’un peuple dans la rue
Ensemble crie
Sa haine et son refus
D’un dessin qui insulterait Dieu
Quand ta faim, femme, laisse silencieux


C’est sans vouloir
L’amalgame général
Qu’un jour sur noir
En blanc on me régale
D’une prière qui sans concession
Laisse claire, femme, une place à ton nom


Et c’est sans doute
Pour surmonter la peur
Qu’un jour ma route
Diable ! croise la leur
Ils grandissent et après ils deviennent
Ceux qui maudissent, femme ta vie et la mienne


Et si profane
Ils me jugent ici bas
S’ils me condamnent
De leur divine loi
S’ils me tuent, ils ne regrettent rien
Dieu pardonne, femme, même aux assassins