Pas bien

avec Kiki des 17 Hippies, et Daniel Mermet

Oh ! c’matin, j’ai croisé ton frère
Il m’a dit que pour lui, ça allait vraiment pas bien
Que sa vie était un enfer
Et qu’il voudrait bien, ne plus en être là demain


Eh ! Il faut qu’on lui cause
Tu pourrais p’t’être l’appl’er pour lui dire que tu l’aimes !
Qu’la vie est injuste, qu’elle est pas toute rose
Mais qu’on veut pas l’voir nu, couvert de chrysanthèmes


C’est c’matin, j’ai croisé ton frère
Il m’a dit qu’il en pouvait plus du chagrin
Qu’ses idées n’étaient plus très claires
Et qu’il aurait bien, quand même, aimé croiser quelqu’un


C’est sûr, depuis que les années tracent
Y’en a qui sont restés sur le bord du chemin
Et c’est pas facile d’les r’garder en face
Quand t’as plus l’temps ni l’cœur de leur tendre la main


Et dire que ton sacré frère
C’est lui qui nous mettait des claques quand on était gamin
Sûr que, dans l’quartier, c’était un grand frère
On était fiers quand on l’croisait, et tout l’monde l’aimait bien


Et faut qu’on fasse queq’chose
On peut pas le laisser seul, pis si on fait rien
C’est pas dit qu’demain, ses paupières soient closes
Mais on sait jamais, tu connais ton frangin


C’est c’matin, il m’a dit, ton frère,
Qu’sa vie n’valait que l’coup d’êt' vomie
Que l’bonheur, c’est quand on espère
Et qu’lui, n’attendait plus rien depuis une décennie


Et que puisque c’est ici l’enfer
Il prendrait bien l’ticket pour l’paradis
Et gratuit en prime, il veut pas s’en faire
Allez, viens ! J’ai peur qu’il soit déjà parti


C’est c’matin, j’ai croisé ton frère
Il m’a dit qu’il en voulait plein à la vie
Que son cœur était un grand désert
Qu’dedans, y’avait plus rien,
Qu’il lui avait tout donné, et qu’elle avait tout pris !


Frère, oh mon frère ! Toi qui fais que je suis ici
Toi qui m’avais dit de ne jamais me taire
Toi qui m’as appris la vie.


Bruder, mein Bruder
Ohne dich wär’ ich wohl niemals hier
Du hast zu mir gesagt, ich soll nicht schweigen
… leben gelernt habe ich von dir